L’EGLISE SAINT ETIENNE

L’église St Etienne de Trèbes est mentionnée, pour la première fois, le 25 janvier 1253 dans une bulle du pape Innocent IV.

Eglise Gothique Méridional, elle a une nef unique de 33m50 de long et 14m de large (espace considérable pour une population à l’époque de 35 feux mais on construisait pour l’éternité et pour la gloire de Dieu).

La nef est éclairée par des fenêtres étroites et peu nombreuses situées dans les chapelles, elles-mêmes situées entre les contreforts.
Les poutres de la charpente reposent sur des corbeaux en chêne du XIXème siècle. On en a dénombré 320. Ils portent des figures peintes (moines, soldats, rois, juifs, femmes, animaux) avec 3 couleurs essentielles : rouge, blanc, noir

Ils n’ont été découverts qu’en 1977 car ils étaient préservés par une voûte de plâtre très certainement ajoutée au XIXème.

Cette voûte s’est effondrée, dans la nuit du 1er octobre 1977, quelques heures avant la célébration d’un mariage (on imagine le drame !)

LES REMPARTS

Dès le VIII siècle, des fortifications protégeaient la bourgade de Trèbes. Elles ont très certainement évité pendant les différents conflits la mise à sac du village par les soldats pillards qui ravageaient le pays. 3 ouvertures principales permettaient de communiquer vers l’extérieur :

  • Au nord, la porte d’Orbiel, s’ouvre vers BERRIAC et VILLEDUBERT.
  • A l’est, la porte de Goudou, vers le MINERVOIS.
  • Au sud, la porte d’Aude vers la CITE.

Ces portes assurent la tranquillité et la sécurité du village.

Au XVIIIème siècle, les fortifications démodées perdent leur importance et ne reçoivent aucun entretien. Au début du XIXème siècle, la population de Trèbes croît nettement, des maisons se construisent au-delà des remparts. Les nouvelles bâtisses tantôt chevauchement les murs d’enceinte tantôt s’installent délibérément dans les fossés comblés. De nos jours face à la halte du Canal du Midi, il ne reste qu’un modeste vestige de la muraille protectrice. Il borde la rue Riquet sur un peu plus de 6 mètres, enjolivé d’une meurtrière obstruée.

ESPACE LOISIRS RENE COLL

Installé en bordure de l’Aude, il accueille les fêtes d’été, différentes manifestations et le marché du dimanche matin. Son lac attire les promeneurs et les pêcheurs.

En hommage au célèbre chef d’orchestre et musicien audois demeurant à Trèbes et disparu en 2009, il a été baptisé « René COLL ».

LA PIALA

Lorsque vous franchissez le pont sur l’Aude pour accéder au vieux village, une fontaine attire votre attention : « la piala » construite en 1877. La « piala » qui se prononce pialo en occitan peut se traduire au sens large par abreuvoir. Cette fontaine était alimentée par un siphon qui prenait l’eau au puits de la place du marché. Sa vasque servait d’abreuvoir pour les chevaux.

LE PONT D’AUDE

On ignore l’époque exacte de sa construction, mais au XIIIème siècle, il existait, puisque dans certains textes, on parle de réparations urgentes à faire suite à des crues répétées de l’Aude.

A l’origine, il ne comportait que trois arches ce qui était très insuffisant au regard de l’Aude.

Au XVIIème siècle, la construction de deux arches supplémentaires, mettra fin à cette situation.

En 1973, une passerelle lui sera ajoutée par mesure de sécurité, la circulation devenant de plus en plus importante.

LE CANAL DU MIDI

Cette magnifique voie d’eau est l’œuvre de Pierre-Paul Riquet entreprise entre 1666 et 1680. On pourra admirer le bief qui traverse la ville.

En suivant le chemin den halage, en amont, on arrive, au bout de 1500 mètres, au pont de la Rode. Cette arche à la ligne très pure qui franchit le Canal, s’inscrit dans un décor qui attire peintres et photographes. Il s’agit là d’un des rares ponts, non remaniés construits par Riquet. Sur la rive opposée, aboutit une rigole qui alimente en eau le Canal à partir d’un barrage établi sur l’Orbiel.

Plus près du village, la voie d’eau franchit la rivière Orbiel sur un très beau pont aqueduc, construit par Vauban et financé par les Etats du Languedoc de 1686 à 1692. Il possède de puissants murs en retour d’équerre longs de 10m, 3 arches de 9m de portée, des voûtes de 16.6m de largeur correspondant au passage de deux chemins de halage et de la voie d’eau où deux barques pouvaient se croiser.

En aval, à la sortie de Trèbes, on parvient à un monumental escalier d’écluses qui permet de franchir la dénivellation de 7 mètres. Cet ouvrage, bâti en belles pierres de la taille appareillées avec art est également l’œuvre de Pierre-Paul Riquet. Cet ingénieur profita, en outre, de la dénivellation pour adjoindre un moulin (aujourd’hui transformé en auberge) actionné par la chute d’eau.

Trèbes au XVIIème siècle était une étape importante de la navigation sur le Canal. Les coches d’eau s’y arrêtaient et les voyageurs pouvaient manger et passer la nuit dans l’hostellerie qui se trouvait face à la maison du directeur du Canal.

Trèbes reste une étape privilégiée, accueillante et appréciée par les vacanciers qui naviguent sur le Canal du Midi.

LES FRESQUES DE JEAN CAMBEROQUE

Passé le rond-point Pierre-Paul Riquet, route du Cabardès, sur la droite vous pouvez admirer les céramiques du peintre plasticien Carcassonnais, Jean Camberoque (1917-2001). Il s’agit d’un tryptique primitivement installé au cœur du vieux village sur le fronton de la salle des fêtes inaugurée en 1956. Devenue insalubre, cette salle fut fermée définitivement puis démolie pour faire place à des logements sociaux. Les céramiques ont dû être déplacées. Elles représentent le carnaval, la jeunesse et le sport (boxe, rugby et vélo).

Il y a, dans la commune, d’autres œuvres de l’artiste :

  • Une fresque dans l’école primaire des floralies
  • Une céramique dans l’école maternelle des floralies

LES FRESQUES DE PAUL MANAUT

En passant devant la Mairie construite en 1935, levez les yeux afin de découvrir sur le fronton, les bas-reliefs de Paul Manaut, peintre et sculpteur très reconnu dans le Carcassonnais au début du XXème siècle.

Ces bas-reliefs représentent trois scènes différentes sur le thème de la vigne :

  • A gauche, une scène de vendanges avec six femmes, courbées sur des souches qui regorgent de grappes de raisins, et un porteur de hotte.
  • Au centre, la fête de la fin des vendanges avec sept hommes et femmes dansant au son de deux accordéons. Chaque musicien est situé dans un angle et assis à même le sol.
  • A droite, sept personnages essentiellement masculins : l’un presse le raisin dans une comporte à l’aide d’une massue, le second vide un seau de raisin dans une deuxième comporte, un autre semble se reposer un instant, le coude appuyé sur le rebord de la charrette, un autre est assis sur le plancher de la charrette. Une seule femme, au centre, porte une « caline » sorte de coiffe en toile typiquement Languedocienne pour se protéger du soleil et du vent.

Sur ce bas-relief, Paul Manaut a apposé sa signature sur le montant de la roue de la charrette. Le balcon de la Mairie est également décoré avec le blason de la République surmonté par trois tours rappelant le blason officiel de la commune de Trèbes et ceinturé de feuilles de vignes et de grappes de raisins.

A droite, de la Mairie, sur le mur de l’ancienne école maternelle se trouve le blason de la commune avec ses 3B et ses 3 tours encadrés de rameaux d’oliviers et de sarments de vignes avec grappes de raisins et olives.

Ces deux derniers bas-reliefs ne sont pas signés mais leur style semble être l’œuvre de Paul Manaut.